Capsule 1 - Les femmes dans le domaine de l'éducation

On passe le ⅓ de notre enfance et de notre adolescence à l’école, jours après jours, années après années. Quand je regarde en arrière, plus de 70% de mes enseignantes étaient des femmes. Coïncidence? Et bien non, les femmes sont en moyenne plus patientes et aimantes que les hommes. Ces femmes qui ont un impact sur notre développement, comment leurs prédominances dans ce secteur en est-il venu? Est-ce que ça a toujours été le cas? Quels sont les droits qui ont changé de façon majeure pour les femmes dans l’éducation? J’aimerais au cours de cette capsule répondre à ces questions.

Avant le 18e siècle, l’accès à l’éducation supérieur était quasi inexistant pour la femme Bien sûr il y a des exceptions, de femmes venant d’une famille riche ou venant d’un milieu important.

Retournons encore plus loin, au 15e siècle, c’était uniquement les hommes de familles nobles qui avaient un maître. Ils apprenaient le latin, les mathématiques et d’autres matières pour pouvoir gouverner ou pour le commerce. Les femmes apprenaient plutôt comment agir dans les cercles sociaux, en public et avec leurs maris. On leur enseignait à coudre, cuisiner et parfois à chanter ou jouer un instrument.

À travers le temps, les femmes se sont battues pour avoir le droit à l’éducation et avoir les mêmes droits que l’homme et cette bataille n’est toujours pas gagnée dans certains pays.

En février, on se plaint du couvre-feu, mais imaginez la vie d’un ou d’une enseignante à l’époque, dans certaines régions, pour s’assurer qu’il ou elle qu’elle n'ait pas de relation, ils avaient un couvre-feu en permanence durant le terme de leur contrat d’enseignement.

 

Voici une partie d’une liste de règles pour un enseignant en 1915:

« * Vous ne vous marierez pas pendant la durée de votre contrat. Vous ne devez pas tenir compagnie aux hommes.

* Vous devez être à la maison entre 20 h et 6 h du matin à moins d'assister à une fonction scolaire.

* Vous ne pouvez pas flâner au centre-ville dans les magasins de crème glacée.

* Vous ne pouvez pas voyager au-delà des limites de la ville sans l'autorisation des présidents du conseil.

* Vous ne pouvez pas fumer de cigarettes.

* Vous ne pouvez en aucun cas teindre vos cheveux.

* Vous ne pouvez pas vous habiller de couleurs vives.

* Vous ne pouvez pas conduire en calèche ou en automobile avec un homme à moins qu'il ne soit votre père ou votre frère.

* Vous devez porter au moins deux jupons.

* Vos robes ne doivent pas être inférieures à 2 pouces au-dessus des chevilles. »

Et la liste continue, si vous voulez voir la liste ridicule au complet, elle est disponible à la page 29 écrit par Jerry Apps,«One-Room Country Schools: History and Recollections»

La société a fait un long chemin depuis mais il reste encore beaucoup à faire.  Que ce soit pour l’inégalité, ou l’injustice ou le racisme, si on ne fait qu’être un spectateur, les choses ne changeront jamais. Ne laisser pas une personne qui vit cette situation seule, montrer votre support et intervenez. Ensemble créons une société meilleure.

Durant toute sa carrière, c’est d’ailleurs ce que Mireille Valiquette a prôné. Enseignante de plus de 31 ans, elle s’est dévouée corps et âme dans le milieu scolaire malgré les obstacles rencontrés.  Aujourd’hui nous avons l’honneur de L’accueillir dans le cadre d’une entrevue afin de poursuivre notre discussion, mais avant regardons son histoire.

 

Mireille vient d’une famille de plusieurs enfants. Dès son jeune âge, elle a été mise à la Crèche d’Youville, où des sœurs s’occupent d’enfants de 0-12 ans. Des horreurs ont eu lieu à cet endroit, avec des enfants maltraités et agressés entre 1925 et 1972.
Madame Valiquette fut tout d’abord adoptée par une famille de fermiers qui avait signé les documents pour l’accueillir dans leur famille. À l’époque, beaucoup d’agriculteurs comptaient sur les membres de leurs familles pour participer aux labeurs de la ferme.

Quelques semaines avant son départ vers sa nouvelle famille, une autre famille eut une visite. Dès qu’ils ont mis les yeux sur elle, leurs choix étaient faits, l’homme et la femme qui sont devenu la mère et le père de Mireille ne voulait aucun autre enfant qu’elle, malgré qu’ont leurs avaient expliqué qu’elle appartenait déjà à une autre famille. Ne voulant pas changer son choix, le futur père de notre invitée est allé avoir une discussion avec le fermier (j’utilise ce terme pour vous faciliter la compréhension de l’histoire). Par chance, les 2 se connaissaient déjà par un moyen qu’on ne connaîtra jamais, il réussit à convaincre le fermier d’annuler son adoption.

Les parents adoptifs de Mireille, ne pouvaient pas avoir d’enfants, ayant beaucoup d’amour a donner, ils ont tout donné pour qu’elle grandisse et devienne la femme qu’elle est aujourd’hui et Mireille en sera toujours reconnaissante.

 

Nous le verrons la suite de son histoire dans les questions qui suit:

Comment la pandémie a-t-elle changé votre style de vie? Avez-vous quelques habitudes que vous avez durant celle-ci?

Mireille: Ma vie n’a pas vraiment changé, maintenant je suis à la retraite, à part ça je ne peux pas voyager pour le moment. Et oui je suis une amoureuse du voyage.

J’ai arrêté de fumer l’année dernière, après 46 ans je me suis dit c’était assez. J’ai aussi arrêté les bonbons mous pour avoir des habitudes plus saines.

De plus, tous les jours je marche une heure et plus, beau temps mauvais temps.

Petite anecdote comique, quand ma mère adoptive n’était plus parmi nous, j’ai fait le nettoyage de sa garde de robe, gardez en tête que ma mère adorait la marche, dans chacune des poches de ses manteaux et vestes, ils y avaient un bonbon dur et un mouchoir. À la fin, j’avais un bol rempli de bonbons et un autre de mouchoirs. À ce moment, je n’avais pas compris, mais avec la marche durant l’hiver c’est là j’ai fait le lien. À mon fils je lui ai dit en blaguant, quand tu nettoieras ma garde-robe, tu auras 3 bols, un de bonbons, un autre de mouchoirs et un de masque covid(rires).

 

Pourrais-tu me donner un accomplissement tu es fière?

Mireille: Vers les dernières années de ma profession, ma mère est tombée malade en avril 2015. J’ai pris une absence indéterminée pour passer plus de temps avec.

En juin, elle nous a quitté, ça a complètement enlevé le vent sous les ailes de mon père. Après 68 ans de vie commune, c’est là qu’il a chuté. On a dû vendre la maison familiale et le mettre en résidence privées autonomes pour personnes âgées. Quand j’allais le visiter, je voyais les conditions des établissements, ça me faisait toujours quelque chose de le laisser là (surtout la nourriture qu’il servait). J’ai décidé de laisser mon appartement et d’acheter un condo avec ascenseur pour m’occuper de lui à temps pleins. Ses yeux, quand je lui ai annoncé la nouvelle en personne, il n’en croyait pas ses yeux. Il était vraiment heureux. Une de mes croyances est la loi du retour, « if You spread good in the world, It Will comeback to You ».

 

Pourquoi l’enseignement?

Mireille: Tout l’amour que mes parents m’ont donné, ils m’ont sauvé et j’en serais toujours reconnaissante. Et comme eux, je voulais en sauver d’autres, je voulais sauver tous les enfants du monde. Je sais que c'est irréaliste et quelquefois je trouvais ça dur de ne pas pouvoir tout changer.

Une de mes enseignantes à l’université m’a dit: il faut juste que tu en sauve un, c’est tout ce qui compte, lui va redonner au suivant et ça fera un effet boule de neige.

La profession que vous avez exercée avez-vous vu des changements du début vers la fin de votre carrière? Avez-vous des conseils à donner aux femmes qui sont dans ce secteur ou qui pensent y exercer?

Mireille: Au début de ma carrière, on était plus dans un système patriarcal, il était très rare de voir une femme en direction, le directeur des écoles étaient des hommes. Aujourd'hui, de plus en plus de femmes ont ce poste.

Je dirais que les femmes composent majoritairement l’éducation au primaire et secondaire. De ce fait, les gens s’attendent à ce que l'on fasse beaucoup de bénévolat. Durant mon temps, on donnait environ 40% en bénévolat. Par exemple, la journée des rencontres des parents, ma première année, je restais jusqu’à 10 pm, il y avait toujours des parents qui arrivaient en retard et ils s'attendaient à ce que l’on soit présent.

Un autre exemple, en enseignement, un professeur au secondaire devrait en théorie avoir une trentaine d’élèves, ça l’arrivait que certains enseignants avait un ratio de 150 élèves pour 2-3 profs.

Beaucoup de nouveaux enseignants ne durent pas plus de 5 ans, il ou elles vont en burn-out. On pense à nos élèves matin, midi, soir. La commission ne prend pas en considération qu’on ne passe pas juste le temps à enseigner, on s’occupe de nos élèves autant pour leur formation académique mais aussi de leur bienêtre. Dans certaines écoles, chaque dîner, les élèves ont des conflits qui finissent en poing. Et un enseignant au lieu d’enseigner doit s’impliquer dans la situation durant son cours pour pas que ce dernier dégénère. On fait de la psychologie auprès de nos enfants et c’est des heures de matières qu’ils ont en moins. Les examens uniformes ne prennent pas notre réalité en considération.

Mon conseil le plus important pour tous les enseignants, femmes ou hommes, donnez 90% à votre emploi, parce que de toute façon même si vous vous dites que vous en donnerai pas plus, vous en donnerai, on va en enseignement parce que l’on veut la réussite de nos étudiants.

Secondo, apprenez à dire NON, quand on vous en demande trop c’est crucial de savoir dire NON.

 Pour terminer, j’aimerais remercier ceux qui ont pris quelques minutes de leur journée pour lire cet article et aussi ceux qui m’ont aidé et notre chère Mireille Valiquette, que je ne pense pas avoir mentionné, est une de mes anciennes enseignantes. La profession de l'enseignement n’est pas facile et encore moins durant la pandémie. Je voulais aussi prendre un moment pour montrer ma reconnaissance à tous ceux qui tiennent notre société en place, malgré tout se qui passe en moment, nos travailleurs en santé, nos caissières, nos restaurateurs, nos centres d’appels, et tous les gens dans le domaine scolaire, merci d’être présent pour nous et nos enfants et de tenir le bateau. Ensemble on passera à travers cette période difficile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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1 comment
  • Je suis enseignante depuis plus de 15 ans, il y a beaucoup de vérités dans cet article. J’espère que nos conditions vont continuer à s’améliorer.

    Suzanna on

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